On parle beaucoup de ces trois lettres : ECO, E, C, O. On les retrouve dans l’écologie, dans l’économie et dans bien d’autres domaines. Mais ça vient d’où ?
On va s’intéresser cette fois-ci à un domaine terriblement important aujourd’hui, celui de l’économie… juste après le générique ;-)
Bonjour à tous ! Je m’appelle Jean-Baptiste Deproost et je suis enseignant de langues anciennes depuis de nombreuses années et je partage sur cette chaîne toute une série de choses liées à la langue latine (parfois grecque) et à la culture antique. Si vous ne l’avez pas encore fait, pensez à vous abonner, ça fait toujours plaisir et on est parti pour essayer d’y voir un peu plus clair dans ce monde a priori si éloigné des déclinaisons.
Avec le latin et le grec...
…on a la capacité de s’approprier la langue française qui va nous permettre d’interpréter les documents de travail :
Le latin est la langue mère du français, la langue de travail de l’humanisme, celle du droit et de la science moderne. L’étude de textes latins ou grecs permet de développer une compétence essentielle : lire pour comprendre et interpréter, c’est-à-dire pour donner du sens.
La capacité à interpréter est requise dans différents champs de connaissances : analyse de documents juridiques ou économiques, interprétation de données ou l’interprétation de résultats. Par exemple : le juge qui interprète la loi ou un contrat ; l’économiste qui interprète des données.... Et Dieu sait si on brasse des données actuellement.
Je me souviendrai toujours du jour où notre directeur a débarqué dans le groupe de travail de français dans lequel je travaillais avec quelques collègues, une circulaire ministérielle à la main, en nous demandant comment on pouvait interpréter tel paragraphe. Il nous a fallu une bonne dose d’analyse et de confrontation d’idées pour finalement tomber d’accord avec lui qu’il y avait deux manières de comprendre le texte en fonction de l’analyse qu’on en faisait. Problème : elles étaient contradictoires ! C’est donc le document qui était mal rédigé et il nous a fallu contacter le cabinet ministériel pour avoir l’information correcte.
L’étude de textes latins et grecs nous amène à mieux comprendre le monde d’aujourd’hui dans tous les aspects de la vie, qu’elle soit sociale, économique et politique, et d’autres. Cela nous permet d’acquérir les repères indispensables pour mettre en perspective toutes les informations et représentations du monde auxquelles nous sommes confrontés quotidiennement dans notre société de la communication.
L’étude des langues et cultures de l’antiquité apporte une ouverture intellectuelle et un éclairage supplémentaire. Observer le statut du citoyen, de l’esclave, de l’affranchi ou du métèque dans l’Antiquité, c’est entrer dans une réflexion qui nous arme pour interroger la notion actuelle de citoyen ou d’étranger, pour réfléchir au sens des droits de l’homme ou à la notion d’individu.
Observer le lexique latin pour désigner la place de chacun dans la Cité permet également de réfléchir au fonctionnement et aux représentations d’une société.
C’est ainsi que quand j’explique à mes élèves la différence entre un seruus, un libertus, et un libertinus, les parallèles entre leurs domaines d’activité permet de réfléchir sur des préférences professionnelles : qu’est-ce qu’être esclave de son travail ? Travaille-t-on pour vivre ou vit-on pour travailler ? Les professions et la mentalité des affranchis à Rome se rapprochent assez bien de celle des indépendants actuellement, eux qui ne veulent pas dépendre d’un patron, quitte à travailler davantage. Vous voyez qu’il y a, dans l’observation de l’Antiquité, toute une réflexion qui s’installe pour notre vie actuelle aujourd’hui.
Le préfixe « éco », fort à la mode pour l’instant, vient du grec oïkos qui signifie « la maison ». L’économie est donc l’art de bien faire tourner notre maison, qu’il s’agisse de notre propre famille, d’une entreprise, d’une région ou carrément d’un pays.
Lorsqu’Achille se demande s’il prendra part à la guerre de Troie, il doit choisir entre y mourir en connaissant la gloire et en laissant son nom à la postérité ou alors rester en Grèce, épouser une belle femme grâce à qui il aura des enfants et des petits-enfants, mais dont plus personne ne connaîtra l’existence après 3 ou 4 générations. Ce dilemme, nous l’avons tous dans notre vie et donc à propos de notre économie, c’est-à-dire sur les choix que nous allons poser pour répondre à ce dilemme : sans aller de manière aussi extrême qu’Achille, qui était quand même un personnage mythologique, il est bon dans ce que nous faisons de faire la part des choses entre ce qui relève de la gloire et de la tranquillité en sachant ce que nous recherchons dans la vie.
S’intéresser à l’économie, c’est donc être capable d’appréhender le fonctionnement d’une société, sa mentalité, ses règles et ses valeurs. On peut alors se positionner pour ou contre dans tel ou tel domaine, en fonction des choix qu’on pose. C’est cette aptitude-là que développe l’apprentissage des langues anciennes.
Si cette petite explication a pu vous aider d’une manière ou d’une autre à réfléchir à l’orientation que vous souhaitez donner à votre vie en général ou à des actes en particulier, elle a atteint son but. Une fois n’est pas coutume, ne mettez pas de commentaires en dessous de cette vidéo : le plus important est la pensée qu’elle vous aura insufflée.
Merci d’avoir regardé cette vidéo ! N’oubliez pas de vous abonner pour ne pas rater les suivantes évidemment et partagez-la à quelqu’un qui pourrait avoir besoin de pistes pour aller de l’avant !
A bientôt !