Vous êtes passionné d’histoire ? Vous aimez lire ou raconter des histoires ?
Bienvenue dans cette vidéo où nous allons remonter le temps jusqu’au moment où l’histoire avait à la fois un petit et un grand H… juste après le générique ;-)
Bonjour à tous ! Je m’appelle Jean-Baptiste Deproost et je suis enseignant de langues anciennes depuis de nombreuses années et je partage sur cette chaîne toute une série de choses liées à la langue latine (parfois grecque) et à la culture antique. Si vous ne l’avez pas encore fait, pensez à vous abonner, ça fait toujours plaisir et on est parti pour faire le lien entre la grande histoire du monde et la nôtre.
Quand on fait du latin et du grec...
…on sait lire les traces du passé :
Plonger dans l’histoire antique, mais aussi dans celle du Moyen-Âge ou de la Renaissance, c’est avant tout prendre conscience que le monde ne commence pas aujourd’hui. La compréhension du passé, en s’intéressant aux grandes figures, aux événements, aux systèmes politiques, aux mentalités et à la culture, permet de mieux comprendre le monde contemporain.
Faire du latin et du grec, c’est s’initier à cette compréhension en rencontrant l’histoire de l’Antiquité de façon concrète, puisque l’approche historique se fait forcément à partir de documents. Pouvoir les lire dans la langue d’origine quand on maîtrise un certain niveau permet en plus de rentrer plus intimement dans la réflexion de ceux qui ont découvert toutes ces informations, mais aussi d’être capable de vérifier les sources elles-mêmes.
Les premières informations que nous possédons sont constituées par
l’extraordinaire musée à ciel ouvert qu’offre l’empire romain. Par exemple, à Marseille on peut retrouver les traces des Grecs venus installer un comptoir commercial, comme en témoignent les épaves de navires de pêche et de commerce qui ont été retrouvées près du Vieux Port. Les Grecs créeront ensuite d’autres comptoirs : Nikaia (Nice), Antipolis (Antibes) ou Olbia (Hyères). On comprend pourquoi les riches romains aimaient venir y passer leurs vacances !
L’influence romaine est omniprésente aussi bien dans le sud de la France que par chez moi en Belgique. J’ai la chance d’enseigner dans une école qui se situe sur une route créée par Jules César : la Chaussée Romaine (je vous en ai déjà parlé précédemment), comme il en existe d’autres un peu partout. A 30 minutes au nord se trouve la ville de Tongres, important carrefour routier entre le nord de la France et l’Allemagne. C’est là que se trouvent les villes de Trèves et d’Aix-la-Chapelle célèbres, l’une pour sa basilique et sa Porta Nigra, l’autre pour ses thermes et l’histoire de Carolus Magnus (Charles Magne), puisque Magnus veut dire « grand » : le grand Charles.
Au nord de l’Empire, le mur d’Hadrien permet de comprendre la différence de mentalité, toujours existante aujourd’hui, entre les Anglais et les Ecossais. De même chez nous avec la frontière linguistique qui a aussi des origines antiques.
Quand on tombe sur des inscriptions, il faut bien pouvoir les déchiffrer. Qu’elles sortent de terre ou se trouvent sur des monuments, c’est quand même plus agréable de les comprendre. Aux journées du patrimoine, j’avais été avec mes enfants visiter le palais du gouverneur à Namur, le gouverneur de la province. Quelle ne fut pas ma surprise en lisant des textes latins liées à l’évêque de Namur ! C’est là que j’ai compris que c’était en réalité l’ancien palais épiscopal. Une foule de personnes passe là-devant sans se rendre compte de l’histoire de ce bâtiment qui est pourtant écrite devant, mais il faut savoir le lire.
Faire du latin et du grec...
…c’est aussi découvrir les récits des historiens de l’Antiquité :
Les textes des auteurs grecs et latins rassemblent l’essentiel des ressources sur lesquelles travailler. Peu importe le sujet qu’on aborde, en cours ou dans la vie, il y a toujours une donnée historique qui y fait référence.
Les textes d’historiens sont bien nombreux. On peut ainsi découvrir avec Hérodote (qualifié de « père de l’histoire » par Cicéron) non seulement un premier écrit des guerres médiques (qui opposèrent les Grecs aux Perses), mais aussi le premier récit ethnographique d’un « enquêteur » qui tente de comprendre avec le plus de tolérance possible les coutumes de pays lointains, si étranges pour un grec, d’ailleurs. Il rapporte ainsi ce qu’il a vu ou entendu dire des peuples d’Egypte, d’Ethiopie, d’Inde, d’Arabie ou de Scythie (la Scythie étant un vaste territoire qui va de l’Altaï en Mongolie au nord de la Mer Noire).
C’est avec Thucydide que la démarche de l’historien moderne est affirmée, puisque cet historien grec cherche à expliquer en termes géopolitiques le conflit qui oppose Athènes à Sparte, lors de la guerre du Péloponnèse.
On prend aussi conscience que le discours historique n’est jamais neutre. Ainsi dans la Guerre des Gaules, César décrit avec une apparente objectivité les événements qu’il rapporte à la 3ème personne... tout en se construisant une figure héroïque.
C’est Suétone qui nous emporte dans le monde officiel des empereurs romains. Chez Tacite, on part à la découverte des empereurs de manière plus insolite avec un style assez bluffant qui met en exergue les non-dits de la vie impériale. Son surnom « tacite » n’y est pas pour rien.
Je vous le disais au début de cette vidéo : le mot histoire peut s’écrire avec un petit « h » ou un grand « H ». Si nous avons cette différence de conception entre l’histoire-récit et l’histoire-investigation pour le même mot, c’est parce qu’au début de l’Antiquité on ne faisait pas la différence entre le fait de raconter une histoire et le fait de rechercher la vérité historique. Pensons tout simplement à la guerre de Troie écrite par Homère ou à la fondation de Rome par Romulus et Rémus ! Ce sont des récits remplis de mythologie, mais qui recouvrent néanmoins une réalité historique : on a retrouvé le site de la guerre de Troie, et Rome a bien dû commencer à exister un jour.
Étudier le latin et le grec, c’est combler sa soif de connaissances historiques, autant par le plaisir de lire des récits que de retrouver dans le réel les traces de sociétés disparues.
Les deux ensemble nous mènent vers la découverte de notre passé pour le plus grand bien de notre futur, évidemment
Alors, dites-moi dans les commentaires ! Avez-vous déjà remarqué un lien avec l’Antiquité dans votre vie ? Par exemple dans un texte, ou un lieu historique… D’ailleurs, je serais assez curieux de savoir où vous habitez, parce qu’il y a des endroits fort marqués par l’histoire antique. Mettez-le en commentaire et je vous dirai si ça me dit quelque chose !
Merci d’avoir regardé cette vidéo ! N’oubliez pas de vous abonner en cliquant sur la petite cloche pour ne pas rater les suivantes et n’hésitez pas à partager cette vidéo à un passionné d’histoire… ou pas d’ailleurs, pour qu’il arrive à voir le lien !
A bientôt !