Vous vous demandez ce que vous faites au cours de latin ? Qu’est-ce qui vous a pris comme idée de choisir cette option ? Ou au contraire : vous vous demandez bien pourquoi choisir ce cours plutôt qu’un autre ?
Eh bien, c’est le sujet de cette vidéo et je vais vous répondre… juste après le générique ;-)
Bonjour à tous ! Je m’appelle Jean-Baptiste Deproost et je suis enseignant de langues anciennes depuis de nombreuses années et je partage sur cette chaîne toute une série de choses liées à la langue latine (parfois grecque) et à la culture antique. Si vous ne l’avez pas encore fait, pensez à vous abonner, ça fait toujours plaisir et on est parti pour essayer, en 3 points, de comprendre ce qui fait que, encore aujourd’hui, on s’intéresse à cette langue et à cette culture. Pour ça, je m’inspirerai largement d’un document de l'académie d’Aix-en Provence qui résume vraiment bien les choses.
Quand on fait du latin et du grec…
…on participe à toute une série d’aventures à travers la lecture des récits latins et grecs, et ce à plusieurs niveaux :
On découvre les aventures mythologiques avec Ovide qui, dans les Métamorphoses, nous raconte comment Icare, ivre de voler et oublieux des paroles de son père Dédale, trouve la mort. Également avec Homère qui, dans l’Iliade, nous amuse lors de l’épisode où Arès et Aphrodite se font prendre dans un filet pour avoir organisé un rendez-vous amoureux en l’absence d’Héphaïstos. Ou encore avec Virgile qui nous fascine en nous racontant la mort du prêtre troyen Laocoon, en compagnie de ses deux fils, punis par les deux serpents dragons surgis de la mer et envoyés par Poséidon, pour avoir tenté d’empêcher l’entrée du funeste cheval de bois dans Troie.
On vit avec des héros lorsqu’ Achille accepte enfin de retourner au combat pour venger la mort de son ami le plus cher Patrocle, tué par les Troyens. Ou encore lorsqu’on parcourt le périple d’Ulysse, l’homme aux mille tours, sans cesse menacé par les monstres et les divinités et qui doit à la fin affronter, à son retour à Ithaque, les arrogants prétendants qui courtisaient sa femme en son absence.
On lit des romans comme celui de Pétrone qui, par la bouche de l’affranchi Trimalchion, nous raconte une incroyable histoire de loup-garou ou d’Apulée qui nous conte les mésaventures de Psyché, amoureuse de Phébus mais beaucoup trop curieuse.
Au-delà de toutes ces aventures, et c’est mon deuxième point,
…on découvre la vie concrète des Grecs et des Romains :
…à la maison, à l’école, à l’agora ou au forum, à la guerre comme durant leurs loisirs, au théâtre, aux thermes ou dans l’arène des gladiateurs. On comprend le sort des esclaves ou la place des femmes.
On s’intéresse aussi à des figures célèbres comme celle de Périclès ou Léonidas, si on est dans le monde grec, de César, de Cicéron ou du terrifiant Caligula.
Des villes d’Italie, de France, de Belgique ou d’ailleurs nous livrent d’innombrables témoignages de l’Antiquité : l’origine de leur nom, de leur structure, de leur emplacement ou de leurs constructions, par exemple.
Et puis, pour notre troisième et dernier point, il faut bien se rendre compte que l’accès à tout ce dont je viens de parler, ne serait pas possible si nous n’avions pas une langue pour le découvrir. Si les personnes, les choses et les lieux ont une histoire, les mots en ont aussi une. Notre belle langue française venant en droite ligne du latin, quand on en fait…
…on s’initie à la vie des mots et à leurs métamorphoses :
Pourquoi :
• appelle-t-on enfant (infans) celui qui ne parle pas encore vraiment ? • celui qui ne cesse d’inventer des histoires est un fabulateur ?
• ce qui ne peut se dire est qualifié d’ineffable ? • la réputation d’une personne dont on parle est-elle fameuse mais, si on en dit du mal, devient-elle infâme?
parce que : phanai (φάναι) en grec et fari en latin signifient dire, parler et lorsqu’on sait que le préfixe –in a une valeur négative (= qui ne peut pas), tout s’éclaire.
Faire du latin c’est donc…
...devenir un expert en grammaire et un Hercule en français :
C’est LE cours par excellence qui attache autant d’importance à la traduction en nous transformant en déchiffreur d’énigmes. En réalité, c’est un jeu de piste, qui mobilise l’attention en nous obligeant à revenir constamment au fonctionnement de la langue française et à ce qui a été fait en grammaire, dans le cours de français. Et ça, ça permet petit à petit de mettre en ordre ce puzzle qu’est, au début, le texte latin (ou grec bien entendu, si on en fait), afin de nous rendre plus forts en retour pour nous exprimer et écrire en français.
C’est un véritable jeu de ping-pong mental entre les deux langues. Et comme, dans la majorité des cas, on ne vise pas à pouvoir parler couramment dans cette langue, la progression s’effectue bien par l’écrit et pour l’écrit.
Bref, avec ce survol très lacunaire, vous avez pu vous rendre compte que les domaines de connaissance liés au latin sont gigantesques. On pourrait même croire qu’ils partent un peu dans tous les sens. En réalité, c’est parce que le latin et le grec sont des langues, oui c’est vrai, mais ce sont des langues qui ont bâti des civilisations. S’intéresser aux premières sans prendre en compte les deuxièmes nous couperait de la source de notre monde.
Que vous soyez au début de votre cursus ou plus avancé, ne manquez donc jamais l’occasion d’ajouter le cours de latin ou de grec à votre formation !
Tout le monde commence à zéro.
Tout le monde peut progresser.
Peu importe vos résultats, il y a toujours quelque chose de grand à en retirer.
Comme nous le verrons dans la suite de cette série de vidéo en parcourant un large domaine de connaissances,…
…le latin, et les langues anciennes en général, sont les clés qui ouvrent toutes les portes.
Alors, dites-moi dans les commentaires quelle a été votre expérience par rapport au latin et/ou au grec ! Vite passé vite oublié ? Captivant ? Je vous lirai avec plaisir.
Merci d’avoir regardé cette vidéo ! N’oubliez pas de vous abonner pour ne pas rater les suivantes et partagez-la à quelqu’un qui pourrait être intéressé par le sujet.
A bientôt !